Antiquaires depuis 6 générations

Le magasin au 9-10 Domplatz – qui deviendra par la suite le 24 place de la Cathédrale – fut fondé en 1871 par Emile Brion, ancêtre par alliance de la famille Bastian.

Une tradition perpétuée depuis 1871

Le magasin voit le jour au lendemain du conflit franco-prussien en 1871 qui entraîne l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine au Reich allemand. Au 9-10 Domplatz, Emile Brion, fils de coiffeur à Haguenau, vend toutes sortes de meubles, argenteries, faïences, porcelaines, ivoires et autres. Il est spécialisé dans la photographie comme l’indique son affiche publicitaire. Emile Brion décède en 1892.

La plus ancienne vitrine de Noël de Strasbourg

Dans les années 1880, il engage Julie Roessler, une nièce par alliance, qui prend la suite du magasin dans les années 1890.
C’est vers 1900 que Charles Bastian, artiste céramiste, qui avait son atelier proche de la Porte Blanche à Strasbourg, entre au magasin.
Il épouse Julie Roessler, de 12 ans son aînée, pratiquement dès son entrée au magasin.
Dans les années 1905, ils entreprennent un voyage en Espagne, où ils achètent un Enfant Jésus en bois sculpté polychrome qui prend au fil du temps une importance toute particulière pour le magasin. En effet, ni Julie, ni Charles ne pouvaient savoir que cet Enfant Jésus trônerait dans la vitrine de Noël du magasin d’antiquités jusqu’à aujourd’hui.
Il s’agit aujourd’hui de la plus ancienne vitrine de Noël de Strasbourg.
Ensemble, ils survivent à la Première Guerre mondiale, mais Julie décède en 1922.
Charles Bastian

Avant de devenir antiquaire, Charles Bastian enseigne à l’Ecole des arts décoratifs (actuellement HEAR). Artiste accompli, il pratiquait autant l’aquarelle que la peinture à l’huile ou la céramique.

Entré au magasin, Charles Bastian se spécialise dans le mobilier ancien, la sculpture, la peinture et la céramique. Ayant un goût certain et s’appuyant sur ses connaissances, il acquiert de nombreuses œuvres de très belle qualité. D’ailleurs, les inventaires du musée des Arts décoratifs de la ville de Strasbourg mentionnent certains achats réalisés chez « Karl Bastian » dans les années 1920 – 1930.

De plus, une grande partie de la décoration du magasin, encore en place actuellement lui est due, tels la grille en fer forgé du haut des escaliers, les deux pilastres monumentaux de la partie basse, les décorations rocaille et régence des devantures ou encore les impostes de fenêtres.

Julie Roessler décède en 1922. Charles Bastian se remarie en 1926 avec Anne-Marie Lotz.

C’est en 1927 que Jean Bastian voit le jour. Charles Bastian a alors 51 ans.

Les années guerre

En 1940, Strasbourg est évacuée pendant un an. La famille Bastian doit fuir une première fois à Dole, puis à Clermont-Ferrand. Il s’agit de la seule année depuis sa fondation que le magasin reste fermé.
Pendant la guerre, Charles Bastian s’efforce de ne pas acheter les objets et meubles issus du séquestre. Il acquiert quand même certains meubles qui appartiennent à des amis, qu’il garde au sein du magasin. Ils sont restitués à la fin du conflit.
En octobre 1943, Jean Bastian, alors âgé de 16 ans, est incorporé dans l’armée allemande. Il est envoyé à Karlsruhe avec toute sa classe, où il a pour mission d’apporter les munitions pour les batteries de défense anti-aérienne de la ville.
Les années post Seconde Guerre mondiale

Charles Bastian est atteint de gangrène, et se voit amputé d’une jambe. Très vite, Jean Bastian doit assurer le fonctionnement du magasin sous le regard bienveillant de son père. Charles Bastian possédait un sens de la ligne esthétique très développé.

Jean Bastian raconte souvent le moment où, en tant que jeune marchand, il entre dans le magasin avec une paire de fauteuils Louis XV. Charles Bastian, depuis l’arrière boutique où il était assis et sans même s’en être approché, enjoint à son fils de rendre ces fauteuils car, n’étant « pas d’époque », ils ne peuvent figurer au magasin. Charles Bastian possédait un sens de la ligne très développé.

Quelques années plus tard, en 1952, Charles Bastian décède et laisse le magasin à son fils.

La quatrième génération

Après la Deuxième Guerre mondiale, Jean Bastian suit des études d’histoire de l’art et obtient une licence. En même temps, il finit son service militaire, intègre la réserve et obtient le grade de lieutenant-colonel à sa retraite. Dans ses jeunes années d’antiquaire, il réalise des expertises pour retrouver des antiquités issues du séquestre allemand pendant la guerre.

Il se marie en 1950 avec Marguerite Jung, plus connue sous le nom de « Guiguite ». Cinq enfants naissent de cette union, dont Jacques Bastian.

Ce dernier intègre le magasin en 1977.

Actif au niveau national, Jean Bastian est élu président national de la CNES (Chambre Nationale des Experts Spécialisés) de 1978 à 1985. Tout au long de sa vie, il affiche une passion pour l’illustration, talent qu’il a sans doute hérité de son père. Il dessine pour lui, pour ses amis et pour sa famille. Certains de ses dessins ont été publiés par les Editions MAJB.

L’enseigne de Jean Bastian

En 1977, Jean Bastian met en place une enseigne qui est aujourd’hui célèbre à Strasbourg. Il s’agit d’une représentation de la cathédrale coiffée d’un bonnet phrygien rouge, entourée d’une couronne de lauriers, reliée à un bras en fer forgé qui occupe l’angle à refends du 24 place de la Cathédrale.

Cette enseigne commémore un événement révolutionnaire local. En effet, en 1793, l’idée de raser la flèche de la cathédrale de Strasbourg est émise au conseil municipal car elle « injuriait l’égalité »

Jean-Michel Sultzer, serrurier, propose de coiffer la flèche d’un immense bonnet phrygien. La cathédrale devient ainsi un symbole révolutionnaire, visible de l’autre côté du Rhin. Le buste du sauveur de la flèche est fixé au-dessus de l’enseigne.

Marie-Alice et Jacques Bastian

Jacques Bastian intègre le magasin en 1977, en poursuivant ses études d’histoire de l’art à travers un doctorat. Il épouse en 1978 Marie-Alice Miclot, alors professeure de musique en collège. Elle rejoint le monde des antiquités et aide Jacques dans ses recherches sur la céramique. Il soutient sa thèse en 1987 sur les productions des Hannong au XVIIIème siècle : « Les Hannong : étude des décors peints sur les faïences et porcelaines à Strasbourg et Haguenau, 1721-1784 ». Après avoir fondé une maison d’édition (MAJB), Marie-Alice et Jacques publient, en décembre 2002 et juin 2003, la thèse de doctorat sous le titre « Strasbourg, Faïences et Porcelaines, 1721-1784 », ouvrage de référence qui reçoit un bel accueil et plusieurs récompenses.
Leurs enfants, Frédéric et Philippe, prendront plus tard la succession de l’entreprise.
La sixième génération : Philippe & Frédéric

Frédéric intègre l’entreprise familiale en 2008 après avoir soutenu un mémoire de master recherche en histoire de l’art à Strasbourg. Il se spécialise dans le bois doré et le cadre. Philippe, quant à lui, entre au magasin d’antiquités en 2013, après avoir obtenu un master recherche en histoire de l’art. Il se spécialise en orfèvrerie et en objets en étain.

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